Cette nuit d'hiver glacial, n'est ce pas celle dans laquelle nous nous sommes tous fourvoyés, notre nuit à tous, le plus souvent cachée à la vue des autres?
La vie nous a usées. La plus cruelle vieillesse n'est pas organique : elle est celle des coeurs. Nous sommes devenus de vieux morts-vivants, amers. L'éclat est perdu; nos espérances sont écornées; nous nous sommes accommodés de désespérer du monde. Trahison des trahisons.
Comment, dans cette nuit du sostice d'hiver la plus interminable de l'année, la nuit des tueurs d'Hérode et des longs couteaux tirés, le retournement serait-il possible, seulement pensable? Comment?
C'est là l'entier mystère, la coïncidence de l'abîme et de la cime. C'est dans cette nuit-là et dans aucune autre que le miracle va advenir. Et il advient! Dans la nuit des femmes, la nuit de la patience infinie..."oui, oui...", la nuit des gésines, la nuit des entrailles!
Car le voilà, le secret des mondes que révèle Noël!
Même si l'homme doit mourir, la vie lui est donnée pour naître, pour naître et pour renaître...
C'est la naissance qui lui est promise et non la mort.
Tous les chevaux du roi, tous les tanks et tous les bombardiers ne sauraient retenir les ténèbres ni entraver l'irrésistible montée de l'aube!
Christiane Singer
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