mercredi 6 avril 2011

NOTE DE LECTURE par Philippe Robert, Dialogue n°177, septembre 2007 Enjeux de l’adoption tardive Sous la direction de Ombline Ozoux-Teffaine Toulouse, érès, 2004.

Les familles adoptives sont à l’avant-garde de toutes les familles à qui elles permettent une réflexion

fondamentale, et font avancer ainsi une évolution dégagée des préjugés et des inquiétudes inhérentes,

en fin de compte, à la situation de tous ceux qui vivent avec des enfants.» Cette phrase de Michel

Soulé en préface de l’ouvrage, témoigne de la façon dont l’adoption – et sans doute encore davantage

l’adoption tardive – réinterroge les processus de filiation. Ce livre est un ouvrage collectif dirigé par

Ombline Ozoux-Teffaine qui avait déjà écrit un ouvrage sur ce thème, il y a une vingtaine d’années.

Le grand nombre d’auteurs – quinze exactement – ne permet pas ici de tous les citer. Mais tous ont

une connaissance précise du sujet et une riche expérience clinique pour la plupart.

Alors que les travaux sur le bébé soulignent l’importance des interactions précoces et de la

période préverbale, il est légitime de s’interroger sur la possibilité d’une construction de la filiation en

cas d’adoption d’un enfant « qui n’est plus un bébé ». Bernard Golse répond positivement à cette

question sans nier l’importance des premières relations. Il souligne la nécessaire réécriture des

attachements précoces dans un travail de conarration avec les parents adoptants. Dans ces cas

d’adoption tardive, la procédure d’agrément joue un rôle essentiel dans la contenance et l’élaboration

de la « grossesse psychique » des candidats à l’adoption.

Ce livre explore de nombreuses situations montrant de façon précise les étapes de « la

séparation à la filiation » comme l’indique le titre du chapitre d’Ombline Ozoux-Teffaine. Pour la

revue Dialogue, nous pourrions peut-être regretter qu’une place spécifique ne soit pas accordée aux

thérapies de couple ou de famille qui semblent être le dispositif le plus pertinent pour la construction

et/ ou la reconstruction des liens. Pierre Levy-Soussan y fait référence, mais davantage sous forme de

consultations familiales que de thérapies stricto sensu. Anne-Claude Duvert souligne l’importance du

couple mais davantage le couple parental que la conjugalité.

Cet ouvrage a le grand mérite de faire dialoguer réalité interne et réalité externe, ainsi que

psychanalyse et théorie de l’attachement. Il y a une volonté assumée – et réussie – d’aborder

l’ensemble du problème sans mélange et confusion, mais avec rigueur et clarté. De façon assez

inhabituelle, cet ouvrage collectif réussit la gageure de s’adresser à la fois au public et aux

professionnels. Ces derniers ne viennent jamais masquer la réalité humaine de tous les protagonistes

impliqués dans le processus de l’adoption tardive.


Philippe Robert


Quelqu'un l'a-t-il lu celui là? J'hésite à le commander, peur d'une lecture trop difficile...mais me tente bien en même temps.

4 commentaires:

  1. J'ai eu aussi envie de le lire...on se le fait à deux? J'en ai d'autres avant, plus professionnels mais après,ok?

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  2. Intéressant, oui, essentiel..?je ne sais pas..certains chapitres assez éloignés de nos préoccupations (adoptabilité juridique..adoption nationale de grands..)écrit surtout à l'intention des professionnels de l'enfance je pense..mais c'est quasiment le seul spécifiquement sur ce sujet.On le trouve d'occas..ou dans certaines biblios.brigitte

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  3. marianne, je laisse mûrir; si je l'achète, je te l'envoie une fois lu

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  4. à lire, c'est une bible, simple à lire. Un incntournable, à mon avis! :-)

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